le 18 décembre 2007

plume21_thumbnailthumbnail_thumbnail.jpgTiteSo est l’artiste en herbe. Lisa l’apprentie médecin. Meilleures amies depuis leur rencontre au lycée, dans les WC de l’infirmerie à gerber. Une seule devise : les mecs sont des PPBE (puzzles péniens bipèdes encastrants). Un grand désert, le Gobi sentimental. Les mirages qu’elles hallucinent dans leur errance sur les dunes. Des poisses à la pelle qu’on déverse dans leur vie.
Les foirages sentimentaux inéluctables. Un leitmotiv : le ridicule ne tue pas (sinon, nous serions déjà en train de fleurir leur tombe respective).
Retrouvez chaque semaine le marasme de deux célibataires, embourbées dans des codes sentimentaux douteux. Deux névrosées qui s’engagent à polluer votre imaginaire. Attention, connerie non recyclable.

6ème partie.

Suite de la 5ème partie…
 

Journal de TiteSo. Vendredi 13 avril

Avis de décès… Faire-part et condoléances ! Le prince charmant a officiellement trépassé !

Il semblerait que toutes les histoires aient une fin. Il suffit juste de l’attendre, à défaut de la trouver ! Les meilleures comme les plus foireuses. En l’occurrence pour moi, il est peut être inutile de préciser que j’adhère à la deuxième catégorie… C’est sûr que du haut de mes vingt-quatre printemps, dans le mausolée des cœurs ayant fait chavirer TiteSo,  celle-ci culmine au plus haut de l’échelle du grand n’importe quoi. Que dire ? La semaine s’est écoulée lentement, sans nouvelles d’Arnaud… J’ai rompu ma promesse ‘ne pas le contacter’ à J +2. Pollué l’espace sonore de ses parents jusqu’à ce que quelqu’un décroche. Son père a consenti après de grands numéros de charme téléphonique à me céder le numéro des grands parents… Ai de nouveau concentré tous mes efforts à faire rugir en sourdine, semble-t-il, l’engin de malheur que personne ne voulait décrocher. Après une vingtaine de ‘bis’ hystériques martelés sur mon clavier, quelqu’un a répondu d’une voix rogue… Merde, je déconnais, il était 23 H quand même et j’appelais chez des personnes âgées grabataires… C’était Arnaud, énervé et surtout étonné d’entendre la voix de sa petite copine (ex déjà à ce moment là)…
Il m’a fait la morale sur les promesses qui ne se violaient pas et sur les règles de bienséance à respecter du genre, ‘ne pas tirer des pauvres choupinets de vioques d’un sommeil dans lequel ils avaient du mal à sombrer’. Je me sentais très couillonne, et j’essayais de rattraper la mise avec des excuses inaudibles quand j’ai entendu une voix fraîche féminine qui n’était pas modulée par des cordes vocales d’octogénaire, croyez moi ! Je l’ai de suite interrompu, et ça l’a pris de court… Il a bredouillé des borborygmes comme les mômes pris en faute, et là, la lumière a brillé dans ma pauvre cervelle : c’était Marie la parfaite ! J’ai cru que j’allais convulser au bout du fil inexistant d’ailleurs… Open geyser des glandes lacrymales de TiteSo immédiat… J’ai réussi à trouver la force pour hurler, j’étais en train de me liquéfier en larme géante, je me sentais, flouée, trahie, et mortellement  pathétique… On me faisait la morale sur des dogmes, des règles, des balises sociétales que j’enfreignais parfois il est vrai, et on me mentait sur l’essentiel ! Le salaud ! L’enfoiré ! J’avais la nausée… J’entendais l’autre s’embourber dans des explications à la con, tandis que la Marie caquetait derrière,  du genre, Marie et lui devant préparer un truc pour leur parti à la con… Il quémandait en plus mon approbation, ce crétin, à croire qu’il me prenait vraiment pour une demeurée… Il y a eu un grand silence, je me suis rendue compte qu’il avait arrêté de jacasser et de broder des conneries, et qu’il attendait une réponse… J’ai murmuré à travers des glaires que drainaient mes gros sanglots de merde ‘Visiblement plus trop jeune, mais toujours aussi con, alors’… Il m’a demandé de quoi je parlais… J’ai répondu ‘l’archétype de la femme idéale’. Il y a eu un grand blanc de surprise… Il ne s’est même pas excusé, le pire… Il m’a dit, ‘ben oui, je me suis rendu compte de notre incompatibilité…les contraires finissent par se repousser, franchie une certaine distance de contre intimité’…
Je lui ai raccroché au nez, ne voulant pas m’en imposer davantage dans la catégorie ‘insensible sans couille’… Dire que si je l’avais pas harcelé, il aurait même pas eu le cran et la décence de me le dire ! J’étais révoltée par l’hypocrisie du monde où on vivait… Ah oui, il fallait bien  rester dans les cases, sans heurter les convenances, et des snobs comme cette enflure qui se présentait comme le nec plus ultra dans le rayon ‘parfait gentleman’… Gentleman de mes couilles, oui ! Vernis de merde des bonnes manières qui s’effritent rapidement…une fois qu’on écarte les paillettes de strass ‘je te tire la chaise’,  ‘je règle toutes les additions’, ‘j’ouvre toutes les portes’..

Je suis restée, là, à onze heures et demie du soir, le nez collé à la vitre, guettant les étoiles qui continuaient de briller, pendant que mon nez et mes yeux continuaient à goutter… Je me sentais pathétique… À jouer les gros bras, quand il était là comme s’il m’était indifférent, et maintenant de me dire qu’il ne sera plus jamais là pour moi, mais pour une autre nunuche de son parti… Ridicule, mon cynisme qui volait en éclat à la moindre rafale de tendresse que j’avais quémandée sans m’en apercevoir, d’ailleurs… Bravo TiteSo ! Deux semaines à peine que je le connaissais, et pourtant !

Alors qu’allais je faire ? Retourner écumer le site de rencontre à la recherche d’une âme aussi désespérée que moi et sûrement désespérante ? Me rendre aveugle avec des peaux de sauc’ de mammouth sur les incohérences, déchirant une osmose qu’on s’obstine toutefois à alimenter même quand elle est morte née ? Le fameux puzzle pénien bipède encastrant ! Et bien qu’il aille se faire voir !!!!

Voilà, fin d’une histoire…et je  suis encore plus abattue qu’il y a quinze jours ! Parce que non seulement de retour dans la catégorie des célibataires frustrées de la planète Terre, mais pouvant aller gaiement syndiquer aux éclopés sentimentaux qui cherchent désespérément de la glu pour réparer la cardio-casse ! Et de nouveau, je retrouve mon vieux pote, le Gobi sentimental !

Ah, je vais me fumer une clope, putain que je suis malheureuse ! En rogne, pas contre lui finalement, mais contre moi, moi l’idiote qui donne l’illusion d’une insensibilité acide alors qu’elle expose contre vents et marées son cœur à la merci du premier psychopathe du net qu’elle rencontre ! Vive le progrès !

Bon j’y vais, sinon je vais me pendre avec mon rideau de douche !

Bye tout le monde…j’ai même pas de bergers allemands pour me dévorer c’est ça le pire ! Ah Bridget, si tu savais…
Journal de Lisa. Vendredi 13 avril

Semaine d’arrêt maladie… Suis allée voir mon médecin traitant lundi soir après la merveilleuse matinée d’inauguration du bloc opératoire… Formidable, avec des yeux bouffis de cocker obèses et enophtalmiques à force d’avoir chouiné. Dr R. est typiquement le genre de médecin qui n’a strictement aucun sens relationnel. Il ausculterait des morts, sérieusement, il aurait plus d’empathie ! Il ne desserre son string qu’en fin de consultation, systématiquement, moment où il s’autorise une question personnelle (cynisme) sur mes études… Ca fait pourtant 5 ans que je vais le voir. Les dix autres minutes de la consultation, son regard ne croise jamais le votre… Même au moment de payer ! Non, c’est une fois la traditionnelle poignée de main scellant la fin de la consultation (vas-y, casse-toi, merci pour les 22 euros) qu’il s’autorise un croisement de regard pour fermer la porte… Et mon dieu, quel regard ! Dépressif,  des yeux à se gaver insatiable de Seroplex, un nouvel antidépresseur miracle…
Donc j’y suis allée lundi soir, simulant en bonne écolière une bonne petite gastro, répondant avec application à son interrogatoire antarctique, me tordant légèrement de douleur mais pas trop quand il ballade sa main sur mon bide… le plus marrant, c’est quand il a pris un air docte pour me dire : ‘ je vous annonce que vous avez une gastro’… La bonne blague, j’étais morte de rire intérieurement… J’avais envie de lui dire, ‘tu trouves pas que j’ai plutôt une tronche de dépressive pré-suicidaire…?’ Mais c’est sûr que pour le remarquer, il aurait fallu qu’il lève les yeux et qu’il ose, ô splendide acte de courage et de sociabilité, croiser mon regard…
Je suis repartie avec le traitement habituel sous le bras, que j’ai à la maison en je sais pas combien d’exemplaires, participant aussi concrètement à ma manière à creuser l’ulcère qui ronge les comptes de la Sécu… J’ai apporté le lendemain mon arrêt maladie à la secrétaire pour justifier mon absence. J’ai croisé mon chirurgien, et pour une fois, la bonne étoile a brillé… Il m’a clairement signifié que j’étais pas obligée de retourner au bloc, si j’assistais à toutes ses consultations…Super ! Je suis quasi sûre qu’il a dû se creuser les méninges toute la nuit pour trouver comment se débarrasser de cette empotée d’externe incompétente et poissarde que le doyen lui avait foutue dans les pattes…

Arnaud a plaqué TiteSo, et même si ça lui a fait mal, c’est un mal pour un bien ! Ils étaient si mal assortis ! Et puis qu’est-ce qu’il était rasoir avec sa vision manichéenne du monde ‘ça se fait’/ ‘ça se fait pas’… Sincèrement, TiteSo mérite mieux que ce coincé du cul qui aurait bien besoin d’une méga poire de lavement pour lui enlever son fécalome de bienséance ! J’ai passé mes soirs à faire office de Kleenex Géant, et croyez moi, j’avais une sérieuse envie de casser la gueule au nouveau couple de M. et Mme Parfait.

De mon côté, c’est pas non plus le top au baromètre des relations pseudo sentimentales… Etienne m’a fait hier toute une scène parce que je ne savais pas comment rentrer chez moi alors qu’il me ramenait en voiture… ’Putain mais ça fait 5 ans que tu vis ici, et tu reconnais même pas ton quartier ?‘… C’est vrai que ça faisait quatre fois de suite qu’on passait devant ma résidence, mais j’étais fatiguée, merde ! Et puis, étions nous pressés par un impératif vital ? Je vous jure, j’en ai marre de ces gens stressés par le tic tac de la montre !

Et puis, il a sous entendu dans la semaine que j’étais responsable des poisses qui m’arrivaient, et ça, ça m’est resté en travers de la gorge…‘avec ton air je galope sur des vallées de lune’… Non, mais j’hallucine… A peine trois semaines qu’on se connaît, et il pose déjà ses sales pattes de ‘je sais tout’ sur ma personnalité !!!

Vous savez quoi ? Je commence à penser que rien ne vaut un bon vieux célibat ! Je vais le marquer en gros en lettres phosphorescentes sur le plafond au dessus de mon pieu, pour que j’arrête de rêver à un enfoiré de prince charmant… Et que TiteSo et moi on arrête de nous languir du MEC…

Je file au lit… Le plus ironique dans l’histoire, c’est que je me suis effectivement tapée une chiasse open anus hier… Comme quoi le mensonge ne paie pas… Demain samedi, Etienne passe la soirée avec moi ! Va falloir que je me goinfre de pilule de bonne volonté parce que là, j’ai une furieuse envie de le bazarder !

Bon, bonne nuit…

Cynarsenik

Un commentaire pour “TiteSo et Lisa : journaux intimes de deux névrosées (partie 6)”

  1. […] partie. Suite de la 6ème partie… Journal de TiteSo. Samedi 21 avril Nouvelle page qui se tourne pour moi ! C’en est […]

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|Publié par Thib |dans la Catégorie: EN VRAC, Girls, BEAUTÉ|
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