Pour les frileux de musique, passez votre chemin ! Car Bob Dylan est un mythe à lui seul… LE phénomène des années 60 et 70, voire plus loin, c’est lui. Ce n’est pas Mick Jagger ou encore David Bowie, mais simplement lui, L’artiste à Mille Facettes.
Qui est Bob Dylan ? Un homme américain avant tout, mais surtout un fantasme collectif, une icône moderne que chacun peut s’approprier selon ses envies, sa religion, ses convictions.
Pour l’état civil, Robert Allen Zimmerman, plus connu sous le nom de Bob Dylan, est né un beau matin de 24 Mai, en 1941. A 18 ans, l’âge de la liberté, le jeune Robert quitte sa cambrousse du Middle West, pour enrichir les bancs universitaires de Minnesota, qu’il fréquentera peu. Déjà, il se laisse emporter par la musique contemporaine, le folk. C’est à cette époque qu’il commence à jouer dans les clubs folks de l’université et endossera le nom de Bob Dylan, adoptant la dégaine d’un fumeux chanteur folk authentique. Les origines de son nom étant assez obscures, certaines disant ci, d’autres çela, on ne s’attardera pas dessus !
Bref, 1960 : il abandonne ses études, et s’acoquine avec quelques camarades gauchistes et de poésie beat, au rythme des chansons de Woody Guthrie de Leadbelly et du blues de Robert Johnson. Bob Dylan se cherche … Fin hiver 1960 : envolée vers New York, au Greenwich Village, pour voir son idole Guthrie, et là paf ! Il est repéré par le saint des saints, John Hammond. La sortie en 1962 de son premier album, Bob Dylan, sorte de mélange de styles et d’influences divers, reste influencée par sa rencontre avec Susan Rotolo, étudiante qui le fera découvrir Brecht, Rimbaud et Villon. Il perdra ses œillères d’ignorant, pour s’éveiller aux droits civiques. C’est l’appel de l’époque du Dylan engagé, prophète, poète, qui stimule ses talents de chansonnier. Joan Baez, séduite, lui propose des Tournées. 1963 : sortie de l’album The Freewheeling’Bob Dylan, et surtout de la chanson Blowin’ in the Wind, qui le propulse pionnier du mouvement folk contestaire, paroles s’attaquant incisivement contre l’establishment. Sa marche avec Martin Luther King eut un impact considérable sur son engagement social. 1964 : sortie de The Times They are changing, deuxième volet de la trilogie folk, plus approfondi sur « la topical song » ; puis Another Side of Bob Dylan, dans la continuité de l’idiome Folk (guitare et harmonica), mais ici des poèmes.
S’ensuit en 1965, Brinking it all back Home, déni du mouvement folk, qui s’attarde sur l’association acoustique et électrique. Rancœur des anciens fans, et surtout nouvelle phase d’un Dylan rock, plus original, plus abstrait dans ses paroles. Les albums Highway 61 Revisited (sur lequel apparaît la meilleure chanson rock de tous les temps selon Rolling Stone Magazine, Like a Rolling Stone), et surtout Blonde on Blonde, oeuvre surréaliste marque le passage rock. Conspué par son ancien public, car le rock, c’est connu pour son merchandising et loin des chansons engagés, d’un Blowin’ in the Wind, Dylan s’offre une facette électrique, arrogant et drogué constamment. 1966 : un accident de moto l’envoie réviser ses idées sur le rock and roll. Par la suite, on fait état de nombreuses rumeurs le concernant.
1968 : sortie apaisée d’un passage au country John Hesley Harding, album retour aux sources locales. C’est donc l’abandon de la contre-culture, pour la vie pépère. Cow-boy attitude, Dylan sort successivement Nashville Skyline, Self Portait, enrichissant la musique country aux côtés de Johnny Cash. Début des années 70, deux albums passés à la trappe, Dylan ne fait plus recette, et s’essaye finalement au film Pat Garret et Billy the Kid, dont il composera la musique. Le Titre Knocking on heaven’s Door vient de là ! Ultime sursaut, Bob Dylan veut partir en tournée, les salles sont immenses, la foule afflue : retour à Dylan, l’icône du rock ! C’est donc la star du Rock agressive du moment, avec sa sortie Blood on The Tracks, qui relate ses amours tumultueuses avec sa femme. Nouvelle facette d’un Dylan nerveux, entre folk et nouveau rock. C’est la période narcissique d’une Star, de ses caprices et de ses désarrois.
Fin des années 70 : phase « born gain » du chanteur, qui se convertit au christianisme. Si l’album Slow Train Coming, devient un sympathique cantique du chanteur, les deux autres échoueront encore. Début 83 : il retourne sa veste, pour plonger dans le judaïsme avec Infidels, mais opère quelques come-back avec O Mercy, puis avec son super-groupe constitué de hautes personnalités dont George Harrison, Jeff Lynne, Tom Petty et Roy Orbison ; ils s’en iront chacun de leur côté. Années 80, donc période noire pour Dylan. 1992 : véritable retour aux sources dont il a le secret, Dylan exploite des vieux classiques de folk et blues, dans Good As i Been to You, c’est une période enrichissante pour lui. 1997 : sortie de Time Out of Mind, album de création originale, chronique désespérée mais vivante de notre bon Dylan. 2001 : Love and Theft, maniant le blues et le jazz, Dylan s’en sort bien avec le Grammy award du meilleur album folk. Un parcours atypique donc, qui a donné de nombreuses interprétations cinématographiques, avec Martin Scorcese en 2005, et en 2006, Modern Times, Hommage à Chaplin, clôt la trilogie entamée avec Time Of Out Mind.
Bob Dylan, donc un nom derrière un symbole, des époques ; soixantuitard un peu bohème, révolté mais surtout engagé. Grande gueule, starisé, porte drapeau des revendications sociales. Portrait en kaléidoscope, d’un artiste hors normes, avec un film actuellement en salles I’m not there, Dylan sidère toujours.
Like a Rolling Stone :
Marika Celeste
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