Un baiser s’il vous plaît, le dernier film d’Emmanuel Mouret, est peut être ce qui est arrivé de mieux au cinéma français cette année. Un très grand “petit” film, un bonheur sur pellicule.
Critique dans la suite…
À Nantes, après une rencontre au coin d’une rue et un dîner à la Cigale, Gabriel (Michaël Cohen) tente d’embrasser Emilie (Julie Gayet) qui le repousse gentiment malgré le fait qu’elle soit séduite. Elle lui révèle qu’une histoire l’en empêche : celle d’une jeune femme (Virginie Ledoyen) et de son meilleur ami (Emmanuel Mouret) surpris par les effets qu’on pu engendrer un simple baiser quand ce dernier fut en manque. “On ne sera jamais si un baiser sera petit ou grand“…
On aurait pu tout attendre d’un scénario de tromperies amoureuses comme celui-ci, surtout le pire. Mais, venant d’Emmanuel Mouret, on était vraiment impatient de voir le résultat. Le jeune réalisateur qui nous avait déjà conquis en 2006 avec son précédent film Changement d’adresse (sélectionné à la quinzaine des réalisateurs à Cannes), revient avec une comédie douce-amère sur les conséquences d’un simple baiser tout en évitant les sentiers battus. Autant le dire tout de suite, Un baiser s’il vous plaît est un petit bijou.
Les comédiens tout d’abords sont fabuleux. On se délecte de voir Emmanuel Mouret himself, maladroit comme un Woody Allen, demander une faveur à Virginie Ledoyen, au visage de poisson lune, sage mais malicieuse. Le couple fonctionne à merveille et le comique de situation assez décalé, presque anglais, accentue la sublime narration assez 18 ème. Les personnages secondaires sont bien traités : Stefano Accorsi est surprenant et la naïveté du personnage de Frédérique Bel (ex-Minute Blonde, qui tourne pour la deuxième fois avec Mouret) la rend touchante. Si la relations des personnages tiens toujours sur cette bienveillance à assurer le bonheur d’autrui, le film ne se casse jamais la gueule. Bien au contraire, avec un comique de situation léger comme une barbapapa, Mouret réussi à faire passer des émotions bien plus graves qu’elle n’y paraissent.
L’histoire est intemporelle, on y trouve de subtiles références éminement modernes (la “fausse” prostituée par exemple). Anticonformiste, le film d’Emmanuel Mouret fait plaisir à voir, un gros fuck implicite aux nombrilisme prétentieux des films français dits d’auteur. Un baiser s’il vous plaît ne prétend pas être plus qu’il est. Le sujet est traité franchement mais poliment, jamais vulgaire ni superficiel. Tout est ici apaisé par des effets de styles plaisants et sincères (de très belles trouvailles de mise en scène telles la scène de la main) mais ne plombant jamais le propos. On en sort le sourire aux lèvres.
La note Shotactu : 9/10
Bande-annonce - Un baiser s’il vous plaît :
M.Z
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