TiteSo est l’artiste en herbe. Lisa l’apprentie médecin. Meilleures amies depuis leur rencontre au lycée, dans les WC de l’infirmerie à gerber. Une seule devise : les mecs sont des PPBE (puzzles péniens bipèdes encastrants). Un grand désert, le Gobi sentimental. Les mirages qu’elles hallucinent dans leur errance sur les dunes. Des poisses à la pelle qu’on déverse dans leur vie.
Les foirages sentimentaux inéluctables. Un leitmotiv : le ridicule ne tue pas (sinon, nous serions déjà en train de fleurir leur tombe respective).
Retrouvez chaque semaine le marasme de deux célibataires, embourbées dans des codes sentimentaux douteux. Deux névrosées qui s’engagent à polluer votre imaginaire. Attention, connerie non recyclable.
Suite de la troisième partie…
Dimanche 8 avril. Journal de TiteSo
Bien sûr, tout ne pouvait pas être rose, ça va de soi ! Mais enfin pourquoi Titeso aurait une relation stable durable (deux jours) avec un individu mâle en bonne santé physique (pas mentale, faut pas déconner) ?
Arnaud vient de m’écrire un mail qui m’a mise hors de moi. Ce psychopathe me parle de me présenter très bientôt à ses parents.
Bien sûr, Lisa ne répond pas, elle est sortie au ciné avec Bernadette, la vieille avec qui elle vivait, désormais en maison de retraite, à qui elle tient sporadiquement compagnie moyennant quelques deniers et n’oublions pas, l’amitié très particulière qui les lie.
Moi, je décompense.
Je suis complètement hors de moi. Deux jours et on me parle d’engagement ! Je veux être remboursée, je veux être remboursée ! Putain de site de rencontre mensonger !
Bon je vais sortir faire un tour prendre l’air et liquider mon stock de rage avant de commettre un meurtre (de plante verte, cela va de soi), ou de me jeter sur le Whisky- Coca !
Dimanche 8 avril. Journal de Lisa
Retour du cinéma… Petit navet censé être une comédie sur les relations hommes-femmes. Bernadette et moi n’avons cessé de parler pendant la première partie de la séance tandis qu’indignées, des voix s’élevaient de l’obscurité, nous enjoignant de la boucler, le tout bien sûr formulé de manière très polie (cynisme). Du coup, Bernadette, très grande gueule, a usé de son dentier pour les envoyer paître, en parlant du respect des ancêtres. Pendant ce temps, moi je pouffais de rire, et Etienne, lui, semblait vouloir disparaître sous les sièges, redoutant de se faire lapider par des pop-corns. Finalement, après le regard désespéré que m’a lancé Etienne, j’ai calmé un peu Bernadette, et on a fini le film tant bien que mal. Bernadette s’est assoupie à la 32ème minute, avec un ronflement qui a ravi ses admirateurs. Moi de rétorquer dans le noir, d’avoir pitié du grand âge. Enfin, tout ça, ça nous a permis à Etienne et à moi d’avoir un peu d’intimité, de main déjà, de bras, et puis de maxillaire, de lèvre et pour finir de salive…
Le navet s’est terminé, et Bernadette nous a surpris en flagrant délit de communion de salive et de petits microbes. Sa tête a surgi soudain de nulle part, totalement hirsute, et ça nous a flanqué une belle crise cardiaque. Elle a ricané que la jeunesse ça perdait pas de temps. Elle a quand même menacé Etienne, que si il me quittait, elle viendrait personnellement lui arracher la peau et les os, ce qui a eu l’air de le ravir, et il faut dire qu’avec son air féroce, elle était très crédible.
Bref, on a ramené Bernadette retrouver un vieux qui lui faisait du gringue dans le salon de la résidence où elle vivait, en lui faisant un clin d’œil de connivence.
Etienne et moi, on a passé le reste de l’après midi ensemble allongés dans l’herbe au parc de la Tête d’or à discutailler de choses et d’autres, mais il a quand même réussi à me gâcher mon après midi en me relançant sur les modules pour l’internat. Je lui ai dit franco que je comptais pas faire des cas cliniques en couple, et ça lui a tiré une grimace.
On s’est quitté sur un long baiser, et mon enthousiasme de sortir avec un externe est retombé comme un soufflé. J’ai vu que TiteSo m’avait appelée au moins une centaine de fois en criant au désespoir, mais je la rappelle demain, je lui laisse le temps de cuver son whisky coca, sa boisson de prédilection pour les foirages sentimentaux. J’ai déjà moi-même du mal à être très optimiste dans cette relation débutante…alors TiteSo, je compatis mais de loin !
Bonne nuit.
Mercredi 11 avril. Journal de TiteSo
Me revoilà après trois jours d’absence et de dépression acharnée. Je me suis empiffrée de Nutella, et de crackers. J’ai passé la nuit de dimanche à lundi au dessus de la cuvette à cause d’une intoxication alimentaire, mon emmental que j’avais foutu dans mes pâtes pour duper mes papilles gustatives sur les mets dégueulasses que je préparais était périmé depuis deux mois. Bien sûr, avec mes yeux de cocker à force d’avoir chouiné à m’en faire péter les glandes lacrymales (merci Lisa pour tes cours d’anatomie), j’ai confondu un trois et un cinq. Résultat une nuit de festivités à gerber. Lisa dit que le whisky-coca était aussi pour quelque chose mais je tiens bien l’alcool, moi. Attention j’ai pas dit que j’étais une alcoolique chronique.
Arnaud est passé hier me voir à l’appart, parce que je répondais pas à ses appels. Je crois qu’il se souviendra longtemps de la masse de cheveux en apesanteur et du pyjama polaire qui lui ont ouvert. Je croyais que c’était Lisa qui passait en sortant de stage, du coup, comme un zombie mourant, j’avais ouvert machinalement la porte. Arnaud a poussé un petit hoquet de frayeur, et je me suis fait la réflexion que les hommes étaient pas prêts à vivre avec une femme au naturel. Je l’ai donc laissé au salon se remettre de ses émotions, et suis allée me décaper à la douche. Mes élans de bonne volonté se sont quand même arrêtés à la vue du fer à lisser. En revenant au salon, j’ai trouvé Arnaud perdu dans mes carnets de croquis. J’ai crié au viol de l’intimité artistique, et il s’est empressé de s’excuser. En réalité, sa gentillesse diarrhéique et sa galanterie obséquieuse commencent à me taper sur les nerfs. J’ai l’impression d’avoir un chewing-gum en guise de mec ! Bref. Surpris de voir que j’avais les cheveux bouclés. Moi de lui rétorquer que depuis les torches, l’électricité était arrivée avec tout plein de choses annexes…
Bon on a eu une mise au point sévère sur son mail. Je lui ai dit d’emblée que c’était pire qu’une douche froide, c’était le karcher réfrigérant. Et qu’il fallait pas qu’il me refasse le coup. Il a eu l’air perplexe comme si la suite logique d’une rencontre internet c’était le mariage et des gamins dans la semaine qui suit. Pourquoi pas les noces d’argent et les réservations communes en maison de retraite, non mais !!! Il est reparti en fin d’après midi et hormis cette tendance excessive à la paranoïa de couple (+ la liste sus citée dans les jours précédents), il est parfait. C’est vrai que comme dit Lisa, ça fait beaucoup de choses à scotomiser chez lui, mais tant que je me rappelle de son prénom, tout va bien !
La suite des aventures de TiteSo et Lisa ICI
Cynarsenik
Franchement encore pas mal de du tout cet épisode, franchement cette petite lyonnaise n’est pas vraiment dans le malheur sentimenta!!! enfin on va attendre l’épisode suivant pour savoir si cela se confirme enfin super cela me fait bien rire votre histoire.
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