le 30 novembre 2007

13 French StreetAdaptation du roman éponyme de l’américain Gil Brewer, 13 French Street se révèle comme une inspiration scénaristique de Jean-Pierre Mocky. Deuxième adaptation de l’auteur étranger, le cinéaste avait connu un succès critique avec la première réalisation, la Machine à Découdre. Sorte de farce macabre, 13 French Street surprend, on y reconnaît volontiers le style si particulier de Mocky. Branle-bas de combat, voilà le nouveau Mocky !

L’histoire est digne d’un banal polar. Vieux de la vieille, Alex et Victor se connaissent depuis la Guerre du Golfe. Le temps a passé et voilà qu’Alex invite chez lui, son ami, afin de lui présenter sa charmante femme. Et quelle Femme ! Dangereuse à souhait mais particulièrement charnelle, Alex se laisse hypnotiser par son charme vénéneux. Et c’est parti pour les ennuis, directement là où l’on ne s’y attendait pas, entre la belle-mère acariâtre, l’escroc, et bientôt le meurtre !

Dès les premiers instants du film, Jean-Pierre Mocky nous enveloppe d’une ambiance malsaine. A l’image de son hôtesse vénale, les statues préparent à la venue de la luxure, à l’entrée dans l’antre du sexe ; statues, par ailleurs bizarrement disposées, qui semblent être en total désaccord avec le paysage structuré et bourgeois de la maison.
Mocky est bien là ; il enchaîne moult imbroglios, bastons, coups tordus et la douce et paisible campagne semble s’animer ; on y recèle les pires représentations humaines. Jean Pierre Mocky se reconnaît ainsi dans l’outrance et l’image de personnages stéréotypés, qui lui sont chers (la femme vénale et nymphomane, la belle-mère revêche, la maitre-chanteur, le grand bourgeois).
On n’en reste pas moins dans une intrigue convenue, mais proposée par un Mocky toujours original dans sa mise en scène.

On comprendra surtout le vif intérêt de Jean-Pierre Mocky, pour rendre hommage aux vieux films des années 40. On ressent surtout une certaine économie des moyens scéniques employés, voire ringards, style années 80. Toutefois, le charme eighties prend quelque peu, avec ce décalage dans l’absurde (scène où la belle-mère tombe). Le spectateur ne comprend pas tout, mais saurait s’amuser avec cette fable macabre, qui tient plus de la carabistouille, que des grandes représentations sociales d’un Chabrol.

En résumé qu’est-ce que 13 French Street ? Une trouvaille loufoque matinée de l’humour noir propre à ce cher Mocky. On aura compris que le film s’attache à dépoussiérer les vieux clichés du polar. Film particulièrement grinçant, où l’érotisme débridé, cède la place à la sauvagerie la plus criminelle mais drôle, on ressort du cinéma, un peu éberlué par ce cinéma toujours hors-classe, que propose Monsieur Mocky.

Note Shotactu : 6.5/10

La bande annonce :

Marika Celeste

Un commentaire pour “13 French Street : pas commode le Mocky !”

  1. très bien faite cette critique, ça donne envie d’aller vérifier au ciné !

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|Publié par shotactu |dans la Catégorie: Critiques Films, CINÉ|
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