Monstrueux, gores, sanglants, épouvantables, et même suspicieux, les films d’horreur ont fait leur retour dans les salles obscures. En effet, « Saw 4 », « Dead silence » et autre « Halloween » n’ont de cesse de mettre notre trouillomètre à l’épreuve. Et ce n’est pas fini, une longue liste de remake sont à venir. Comment expliquer cet essor ? D’où vient cet intérêt pour ces films ? Où en sommes nous en France question horreur ? Autant de questions auxquels je tenterais de répondre.
Le cinéma d’horreur souvent méprisé ou rejeté a longtemps été considéré comme un genre mineur. Aujourd’hui, il a gagné en importance grâce à des succès commerciaux tels que « Scream », « La colline a des yeux » ou encore la saga « Saw ». En effet, du début de l’horreur cinématographique à aujourd’hui, la renommée de ces films n’a cessé de grandir. Au fil des années, le genre s’est démocratisé. On voit apparaître de grands noms comme Hitchcock (« Psychose »1960, « Les oiseaux »1968), ou encore Michaël Powel (« Le voyeur »1960). Ils ont notamment beaucoup enseigné aux cinéastes actuels qui malheureusement ont souvent tendance à penser que plus c’est gore, plus c’est effrayant. C’est le cas de Saw dont le 4ème volet est sorti au cinéma le 21 novembre 2007. On y retrouve le célèbre tueur au puzzle, au menu : amputations, mutilation, et séquestration. Il n’y a pas à dire Darren Lynn Bousman a pensé à tout.
Dans la même catégorie du « je-te-découpe-en-petits-morceaux », on retrouve aussi : « La colline a des yeux », « Vendredi 13 », et autre « Massacre à la tronçonneuse ». Ce dernier a tellement de succès qu’on ne compte plus les remakes. Il faut savoir que le tout premier « Massacre à la tronçonneuse » a été réalisé il y a près de 33 ans, en 1974. Autre film indétrônable : « Halloween », un nouveau remake est notamment sorti au mois d’octobre 2007, et remplit toujours autant les salles. Comment un tel succès peut-il s’expliquer ?
Et bien figurez vous que certaines personnes se plaisent à dire que ce goût démesuré pour les corps amputés et la dissection serait dû à la guerre en Irak…. Bon, en même temps, n’y faisons pas attention, car si on les écoute, tous les maux de ce monde sont dus à la guerre en Irak! Je préfère mettre le doigt sur le public fidèle de ces films, des amateurs d’hémoglobine en fusion et membres coupés, et puis surtout sur leur excellent plan de communication. En effet, les producteurs ne lésinent pas sur la pub et emploient tous les moyens possibles et imaginables pour conquérir de nouveaux spectateurs. C’est notamment le cas de « Rec », film d’horreur espagnol qui sortira en avril prochain. Le film fait parler de lui par sa récompense au dernier festival de Venise, mais surtout par sa promotion. Pour rameuter les foules Jaume Balaguero et Paco Plaza ont décider de filmer les réactions des spectateurs visionnant le film en guise de bande annonce… et apparemment c’est plutôt effrayant.
En tout cas, c’est prouvé, la pub ça marche, il n’y a qu’à voir depuis combien d’années certains films sont sur le marché.
Mais les films d’horreurs, c’est aussi les films d’épouvantes, films à suspens, jouant avec finesse sur le hors champs, là où la présence invisible angoisse et où la peur de se retourner et de mourir d’un coup d’un seul trouble. On peut citer des films tels que « The Ring », « Sixième sens », ou encore « Dead silence » sorti cette semaine dans les salles obscures. Dans cette même catégorie, on retrouve aussi quelques films français comme « Maléfique », réalisé par Eric Vallette. Ce film sorti en mai 2003 raconte l’histoire de quatre détenus découvrant un recueil de formules magiques permettant de s’évader cependant, après leur trouvaille, des phénomènes étranges se produisent.
Comme quoi le paysage du cinéma français n’est pas peuplé uniquement de comédies parfois ratées. Et non ! Les français ne sont pas en reste en ce qui concerne l’horreur.
Hollywood fait même honneur à notre niveau « horrifique » en exploitant à fond le filon français puisqu’ils recrutent leurs réalisateurs de films d’horreur sur notre cher hexagone. C’est le cas de Julien Maury et Alexandre Bustillo, les réalisateurs du film « A l’intérieur » avec Béatrice Dalle. Ils ont en effet reçu une sacrée promotion puisqu’ils ont signé à Hollywood pour réaliser le remake d’ « Hellraiser ». Ils emboîtent ainsi le pas à Alexandre Aja, réalisateur des films : « Haute tension » (2003), « La colline à des yeux » (2006), et dont trois films sortiront prochainement : « Piranha », « Mirror » ainsi que « P2 » où il n’occupe pas la place de réalisateur mais de scénariste. Mais à Hollywood, il y a aussi Xavier Palud et David moreau qui après avoir signé le film « Ils » ont été engagés pour le remake de « The Eye ».
De quoi encore passer de longues soirées à trembler.
Maëva Levay
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