le 24 novembre 2007

Benoit Poelvoorde : un monde, le cinémaSi Benoit n’était pas à l’origine orienté vers le cinéma, le destin, lui, en a décidé autrement. En effet, ses multiples talents et sa polyvalence ont fait de lui un acteur plus que sollicité par le cinéma français. Actuellement à l’affiche dans « Les deux mondes » réalisé par Daniel Cohen, ça roule plutôt bien pour notre cher « boulet »…

Sa maman Jacqueline, épicière, met au monde Benoit le 22 septembre 1964 à Namur, au pays du paradis fiscal de Johnny. A 5 ans, il souffrira beaucoup du divorce de ses parents avant que sont enfance soit encore plus perturbée par le décès de son père à 12 ans. A cette époque il se dédit à une vocation de policier, chirurgien ou pompier mais le petit Benoit a déjà l’âme d’un « boute-en-train » et prend plaisir à voir son entourage se tordre de rire. Il étudie sans grande conviction chez les jésuites jusqu’à l’âge de 17 ans où il décide de quitter le nid pour suivre des cours d’arts appliqués.

Il se passionne pour le théâtre et se fait très vite remarquer grâce à ses prestations atypiques, il reçoit deux premiers prix d’interprétation théâtrales pour « Rue de la quiétude » et « Règle du jeu » toutefois Benoit ambitionne les métiers de dessinateur et de photographe, il exercera d’ailleurs durant une année pour « la province » en tant qu’illustrateur et dessinateur pour enfant.
Pendant ses études il fera la rencontre de Rémy Belvaux et André Bonzel, deux amateurs férus de cinéma avec qui il se liera d’amitié et co-réalisera en 1988, un premier court métrage « pas de C4 pour Daniel-Daniel ». Les trois copains monteront 4 ans plus tard avec très peu de moyens l’énorme projet qui fera le film très critiqué « C’est arrivé prés de chez vous » et qui remportera l’énorme succès qu’on lui connaît. Ce film cynique devenu culte sera repris lors de la semaine de la critique cannoise, Benoit Poelvoorde y interprète un psychopathe qui commet des crimes atroces devant une équipe de reportage.
Voulant, suite à cette notoriété inattendue, assurer la crédibilité de son talent de comédien, Benoit part en tournée dans toute la France aux côtés de Bruno Belvaux, le frère de Rémy, et de Jean Lambert pour la pièce de théâtre « Modèle déposé » avant de se sédentariser 6 mois au café Théâtre.

En 1996, on le retrouve sur canal + avec une série de sketches « Jamais au grand jamais » qu’il écrit en partenariat avec Pascal Lebrun avant d’enchaîner, toujours sur la même chaîne, avec « Les carnets de monsieur manatane ».
Sa carrière est ainsi lancée, la célébrité tape à sa porte mais l’acteur, très attaché à ses origines n’en perd pas pour autant l’humilité culturelle de sa Belgique natale.
En 1997 , il apparaît au cinéma avec « Les randonneurs » de Philippe Harel, dans le rôle d’un guide de montagne entraînant une bande de copain sur des chemins scabreux en corse. Après les longs métrages « les convoyeurs attendent » en 1998 et « les portes de la gloire » en 2000, il tiendra l’affiche du film « Le vélo de Ghislain Lambert » où il retrouve le réalisateur Philippe Harel. En 2002, c’est à l’affiche du film « Le boulet », dans lequel Benoit forme un duo hilarant avec Gerard Lanvin, que la reconnaissance du public explose à son égard.

L’acteur devient de plus en plus populaire et reçoit le prix Jean Gabin, récompensant les meilleurs acteurs en devenir. Suite à cet enchaînement de succès, Benoit Poelvoorde ne s’arrête plus de tourner, hyperactif et passionné, il ne s’essouffle jamais, ainsi le voit-on dans « Rire et châtiments » aux côtés de José Garcia en 2003, puis dans le célèbre long métrage « Podium » de Yann Moix en 2004, qui lui vaudra une nomination du meilleur acteur aux César.Enfin, toujours la même année , c’est dans « Atomik circus » avec Vanessa Paradis et dans « Narco » avec Guillaume Canet et Zabou qu’on le retrouvera en salles.
Notre ami Belge plus habitué au registre comique, cloîtré majoritairement dans le rôle de personnages à caractère naïfs et gauches, nous démontre qu’il peut aussi s’adapter avec talent à une comédie dramatique avec le long métrage « Entre ses mains », sorti en 2005, où il étonne aux côtés de la radieuse Isabelle Carré.
En 2006, toujours infatigable, il est à l’affiche du très bon film « Du Jour au lendemain » puis de « Selon Charlie » sous la direction de Nicole Garcia et termine l’année avec une éphémère apparition dans « Jean-Philippe » de Laurent Tuel.

Benoit Poelvoorde, petit garçon complexé et homme parfois mélancolique, a trouvé dans la passion du cinéma un remède à ses souffrances qu’il consomme sans modération. Sa filmographie, loin d’être achevée, continue de s’enrichir d’années en années, tout comme ses rôles qui évoluent au rythme de sa propre existance.
L’acteur souhaite après la sortie de la grosse production « Asterix aux jeux Olympiques » en janvier 2008, se tourner vers un autre monde, celui de l’écriture, néanmoins, personne n’est dupe, cette pause bien méritée ne l’éloignera que provisoirement du monde auquel il appartient malgré lui, le cinéma.

Jessica Tena

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|Publié par shotactu |dans la Catégorie: Gros Plans, CINÉ|
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