le 18 novembre 2007

Le Parrain du Cinéma : Francis Ford CoppolaDix ans après l’Idéaliste, Francis Ford Coppola revient au devant de la scène, pour son dernier film : L’homme sans âge. Le nom évoque à lui seul une légende, une marque de fabrique. Coppola n’est pas seulement un maître es cinéma, c’est aussi un patriarche d’artistes accomplis tels que Sofia sa fille, Roman son fils, sa sœur cadette Talia Shire (L’Adrienne de Rocky), ses neveux Nicolas Cage et David Schwartmann.

Près de cinquante ans dans l’univers du cinéma, « Monsieur Coppola » a des airs de nabab de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Sa réussite, tant critique que commerciale, ainsi que sa personnalité controversée, ont fait de lui une incarnation de la Nouvelle Vague des années 70. Qui est l’homme derrière la caméra ? Résumer sa carrière s’avère « presque » le parcours du combattant, je dis bien presque.

A 68 ans, Coppola peut se targuer d’avoir à son actif une trentaine de films. Ce fils d’immigrés italiens né en 1939, se sent tout de suite attiré par le spectacle ; diplômé du Hofstra College, il s’initie rapidement aux créations théâtrales et poursuit son parcours au département cinéma de l’Ucla. Il y remporte successivement le prix du scénario Samuel Goldwyn, remanie deux films russes destinés au marché américain et monte quelques petits films amateurs, dont un film d’horreur Demetia 13. Repéré grâce à son écriture, il acquiert une solide réputation dans la compagnie Seven Arts avec des projets tels que Propriété interdite, Paris brûle t-il ? et Reflets dans un œil d’or.

Suite à cette reconnaissance scénaristique, Coppola se lance dans la réalisation avec Big Boy, comédie de la Nouvelle Vague, puis il dirige un Fred Astaire vieillissant et Petula Clark dans La Vallée du Bonheur, sorte de conte de fées moderne. Déçu par l’aventure, l’ambitieux réduit son équipe et tourne sur les routes, Les Gens de la Pluie, film intimiste révélant l’aliénation moderne en 1969. S’associant par la suite avec Georges Lucas, pour créer la société American Zoetrope, il finance ses premiers films dont Star Wars : THX 1138 et American Graffiti, qui sera un succès. Son premier oscar sera pour le scénario de Patton.

Suite à l’échec de THX 1138, Coppola se doit d’accepter une commande de studio, Le Parrain, roman de Mario Puzo, dont il écrit l’adaptation. C’est le succès ! Sortie en 1972, cette saga remporte trois oscars (meilleure mise en scène, meilleure interprète masculin pour Marlon Brando et meilleure adaptation). Auréolé de gloire (deux oscars pour la réalisation du Parrain ainsi que sa suite en 1974 ; deux Palmes d’Or au festival de Cannes pour Conversation secrète en 1974 et Apocalypse Now en 1979), le cinéaste affirme sa volonté de puissance, défraye le chronique (le tournage spectaculaire aux Philippines, les problèmes financiers) et joue les mondains dignes de la tradition hollywoodienne. Coppola n’aime jamais rien de plus que son indépendance, quitte à se brûler les ailes au soleil hollywoodien.

Les années 80 le voient progresser vers des films adolescents tels que Outsiders, ou encore Rusty James, plus profond que le précédent. Il produit aussi des films tels que l’étalon Noir ; Hammett, Hitler ou encore Napoléon ; il réalise le film pour le parc Disney, Captain Eo, avec Michael Jackson. Ses ennuis financiers le poussent de nouveau à accepter des commandes de studios tels que Peggy Sue s’est mariée, Tucker, Jardins de Pierre en 1986, Le Parrain 3, œuvre malgré tout fidèle aux deux Parrains ; Jack, mélo avec Robin Williams, ou encore l’adaptation de l’Idéaliste en 1997, de Michael Crichton. Il n’y a bien que Dracula qui laisse son empreinte, œuvre fidèle à Stocker, baroque et allégorie des années Sida. Ce film lui permet de renflouer ses caisses en 1992.

Coppola reste un cas unique au cinéma, deux palmes d’or en cinq ans, il est une figure emblématique du cinéma américain. On peut le considérer comme le parrain de la Nouvelle Vague ; celui qui ne veut pas se soumettre au bon goût hollywoodien. Il produira les films de sa fille Sofia, à qui l’on doit Virgin Suicides ou Lost in Translation. Ce touche-à-tout ne cesse de se battre pour une certaine liberté artistique, dans un univers cinématographique.

Celeste Marika

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|Publié par shotactu |dans la Catégorie: Gros Plans, CINÉ|
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