Tommy Lee Jones appartient à cette catégorie d’acteurs qui ont connu le succès sur la tard, plus encore derrière la caméra. On le connaît surtout pour ses personnages stéréotypés de méchants de policiers entêtés, têtus. Il associe blockbusters hollywoodiens et films d’auteur. Bourru, silencieux, tels sont les termes associés à Tommy Lee Jones. Il s’est fait la réputation d’un grincheux, ce qui va bien avec sa gueule : des rides profondes comme des canyons, mille crevasses qui cernent les yeux et plissent la bouche, telle une aumônière serrée. Tommy Lee Jones cite Godard et Kurosawa, pourtant il demeure un acteur iconique du cinéma américain.
Le jeune Tomme Lee aurait pu être bien plus qu’un acteur. Diplômé de la prestigieuse université Harvard en lettres, il disait spontanément que « son voisin de chambrée était Al Gore ! ». Issu d’un foyer brisé, il s’en sort avec une bourse et une entrée dans l’élite universitaire. Son côté silencieux, bourru, voire acariâtre vient déjà de cette époque. Par le suite, il part à New York, suivre une formation théâtrale, où il montera sur les planches de Broadway avec A patriot for me. Par le plus grand des hasards en se présentant à un casting, en 1970, il décroche un petit rôle dans le succès de l’époque Love Story. C’est l’envolée vers le destin qu’on lui connaît. Il jouera successivement dans Charlie’s Angels, puis dans notamment the amazing Howard Hugues. En 1978, le jeune acteur abonné aux rôles secondaires se fait remarquer avec Les Yeux de Laura Mars.
Les années 80 le voient apparaître dans plusieurs séries télévisées, d’où il remportera plusieurs Emmy Awards. Vers le début des années 90, son visage sévère et prématurément tanné, aux traits hérités d’un ancêtre cherokee, lui vaudra des rôles de méchants, dont celui du Fugitif où il obtiendra un oscar et celui de JFK. Son registre lui permet de toucher un plus large public. Tommy Lee Jones se laisse coller des rôles de brutes, dans Entre Ciel et Terre, Le Client, où il incarne un méchant procureur. Avec sa gueule de métèque comme dirait Brassens, Tommy Lee Jones est ainsi cantonné aux rôles de durs, de pervers, de caricatures tels que Batman Forever, Tueurs nés. Puis il y a eu Men In black en 1997, c’est la reconnaissance mondiale, suprême. C’est un tournant pour lui, une autodérision de son rôle de bourru, comme on le constate avec US Marshall, en flic tenace, Small Soldiers ou encore Space Cowboys de son pote Clint Eastwood, qui lui offre un voyage dans l’espace. De là, il évolue vers des personnages de premier ordre, souvent plus vulnérables, s’affirmant comme un acteur aux fêlures magnifiques, tête d’affiche de blockbusters Volcano, les Disparues en 2004. Il s’affirme dans ce registre de solitaire désabusé, au jeu tout en retenue.
Trois enterrements de melquiades estrada est le passage abouti derrière la caméra ; ce film semble être l’aboutissement de la conscience de cet acteur, du lyrisme, du profond, du vrai texan. Cet homme sans esbroufe a fait de sa carrière d’acteur, un parcours atypique, où il devient de plus en plus engagé. Son dernier film Dans La Vallée d’Ellah est une satire de la guerre en Irak. Il ne s’attarde pas à faire des films consensuels comme il le dit, mais à exhumer les restes. Tommy Lee Jones est hors normes et le restera. Serait-ce la maturité Non, même si on est bien loin du personnage qu’il incarnait dans Love Story, un personnage somme toute secondaire, mais qui avait le mérite d’être sa première apparition au cinéma.
Marika Celeste
[…] un film atrocement lugubre. Le Old man, quant à lui, c’est le sherif Bell, interprété par un Tommy Lee Jones en grande forme. Trop vieux, ce shérif. Il est usé, impuissant face au monde moderne et ses […]