Cette semaine, Canal + fête les quinze ans de l’une de ses émissions phares : Groland. Quinze années déjà que l’univers décalé de cette émission fait le bonheur de la chaîne cryptée et de ses téléspectateurs. Pour marquer l’événement, Canal + avait dressé le tapis rouge ce lundi lors d’une soirée spéciale intitulée, petit clin d’oeil amical : Groland, 15 poils au cul !
Après avoir célébré les personnages centraux de ce programme déluré (c’est-à-dire Moustik, le présentateur du JT le plus grossier du paf; Michael Kael, le reporter dont les reportages laissent souvent perplexes; et Christophe Salengro, le president de cette Présipauté imaginaire) dans un film documentaire intitulé Groland Land, les inconditionnels ont pu se poiler devant un deuxième film réalisé par Benoît Delepine (Michael Kael) dont l’humour ne manquait pas de faire écho à son réalisateur.
Depuis la création futuriste de ce monde chimérique par Christian Bordes, Groland n’a cessé de s’accroître au fil des ans, réunissant toujours plus d’adeptes désireux eux aussi de vivre dans un monde sans contrainte. Ainsi, ils sont désormais un bon million à suivre les aventures du Président et de ses concitoyens, et une communauté de fidèles s’est même créée à l’occasion du festival de Groland, à l’origine de toute cette folie.
Pour les incultes, Groland, c’est quoi ? C’est une sorte de monde utopique où tout le monde peut s’exprimer sans tabous et sans controverse.
Présidée par un Président bourré et sans cerveau, la Principauté de Groland s’autorise absolument tout ! Et tout le monde peut y adhérer, à condition de ne pas manquer d’autodérision et d’humour ! Car, malgré une ambiance festive et joyeuse, les moqueries et plaisanteries fusent dans la Principauté. Susceptibles, s’abstenir !
Grâce aux reportages décalés du non moins décalé Michael Keal, Groland donne l’impression de vivre à un rythme très soutenu et épuisant. Certainement ce que recherchent les gens finalement. Du second degré et un brin de folie.
La réalité dépasserait-elle la fiction ? A en voir cette masse de population réunie dans la
Somme lors du dernier festival, dans l’unique espoir d’apercevoir leurs pères spirituels, c’est bien ce qu’on pourrait penser. Sans compter les nombreux autocollants GRD accrochés aux pare-brises des membres de cette communauté extra-terrestre, qui leur permettent de se reconnaître.
A ses débuts, l’émission n’a pourtant pas tout de suite fait l’unanimité, surtout auprès des ménagères qui considéraient les propos trop vulgaires. Il est vrai que le succès de Groland, quinze ans plus tard, réside essentiellement dans ses dialogues crus et ses reportages inimaginables ! La bande de Francis Kuntz parvient à provoquer astucieusement l’hilarité des spectateurs en se basant sur des faits divers banals. Afin de rendre leur JT plus attractif et moins soporifique, Jean-Pierre Pernault et Béatrice Schönberg devraient s’en inspirer.
Tous les sujets y sont ainsi traités de la même façon : un soupçon d’audace et un manque évident de savoir-faire. Qu’il s’agisse de sujets légers ou non, de personnalités importantes ou non, ils sont tous logés à la même enseigne ! La censure ? Inexistante. Et plus ça choque, mieux c’est. Par conséquent, ils n’hésitent pas à nous montrer une bonne paire de meules ou une personne en pleine masturbation.
Ce que veut Groland, c’est se faire remarquer. C’est pourquoi, depuis la rentrée et probablement aussi pour célébrer à sa manière ses quinze balais, l’émission a changé de décor, adoptant un look un peu plus fashion et branché : le rose, c’est vrai que c’est “in” ! Et ça marche ! Aujourd’hui, la grand-messe célébrée chaque samedi atteint même des records d’audience : alléluia !
Les animateurs eux-mêmes se trouvent un peu dépassés par l’ampleur du phénomène. Nombreuses sont les personnes qui n’arrivent plus, ou presque, à faire la différence entre les personnages et les êtres qui se cachent sous ces masques.
Mais voilà le prix à payer quand on veut s’éloigner de la réalité, on se perd!
Enfin, un DVD retraçant quinze ans de Groland est sorti pour commémorer cet anniversaire quelque peu insolite. Sélectionner les meilleurs moments a dû donner pas mal de fil à retordre à toute l’équipe tant les anecdotes croustillantes ne manquent pas dans l’univers magique grolandais. Et on en redemande !
Banzaï !
Extrait :
A.LASSERRE
bonjour,
j aimerai avoir l autocollant et tout ce qui se rapporte à la prinsipaute de groland
merci de me renseigner
laurent