A seulement 21 ans, l’Australien Casey Stoner est devenu champion du monde de MotoGP à l’issue d’une saison exceptionnelle.
Un champion surprise
Dimanche 23 septembre 2007, Motegi, Japon, Casey Stoner, jeune homme australien de 21 ans termine sixième du Grand Prix nippon, son plus mauvais résultat de la saison. Malgré cela, cette place lui offre le titre de champion du monde. A la surprise générale, il faut bien le dire. Car au début de la saison, personne n’aurait misé un kopek sur le garçon.
Du jardin aux podiums
Casey Stoner est originaire d’Australie. Dès l’âge de trois ans, il emprunte le mini-moto de sa grande sœur pour disputer son premier défi sur deux-roues, le tour du jardin familial en Nouvelle-Galles du Sud. Un an plus tard, il participe à sa première course sur terre, discipline que l’on appelle communément dirt-track. Après deux ans de cette spécialité, il y obtient son premier titre. Ainsi, jusqu’à l’âge de 14 ans, il va sillonner l’Australie avec son père comme mécanicien et sa mère comme institutrice (eh oui, ce n’est pas le tout de faire mu-muse sur sa moto, il ne faut pas négliger l’école). A cette période, il est engagé dans cinq catégories différentes et disputera jusqu’à … 35 courses par semaine ! Les bonnes semaines, il va jusqu’à en gagner 32 sur 35. Pas mal, non ! Il va donc truster pas moins de 111 titres dans ces diverses catégories durant ces 8 années. Belle moyenne, près de 14 titres par an, ce n’est pas donné à tout le monde !
A ses 14 ans, toute la famille s’exile en Angleterre pour que le gamin puisse disputer des courses sur circuit de vitesse (enfant gâté, va !). En Australie, c’est interdit avant l’âge de 16 ans. Nous sommes alors en l’an 2000. Dès sa première saison européenne, il remporte le challenge Aprilia au Royaume-Uni. Il va ensuite participer aux championnats anglais et espagnols des 125cc. Casey termine deuxième de ces deux championnats en ayant manqué des courses à la suite d’un accident. C’est en 2002 qu’il dispute son premier Championnat du Monde en 250 sur une Aprilia. Ces résultats sont moyens. Il termine régulièrement dans les dix premiers mais jamais sur la podium. On attend mieux de lui. Allez au boulot, le jeune ! Du coup, il redescend en 125 en 2003 et 2004 sur Honda, avec qui il remporte sa première victoire à Valence, puis sur KTM. En 2005, il revient en 250 beaucoup plus aguerri au guidon d’une Aprilia. Il remporte cinq victoires et termine à la deuxième place du Championnat du Monde derrière Dani Pedrosa.
Une saison exceptionnelle
Stoner fait ses premiers pas en MotoGP avec LCR (Non, pas la Ligue Communiste Révolutionnaire, mais Lucio Cecchinello Racing. La Poste n’a pas voulu financer une équipe dirigée par Olivier Besancenot) en 2006. Mais cette première saison s’avère délicate. Il chute à de nombreuses reprises et ne termine qu’une seule petite fois sur le podium avec une deuxième place en Turquie. Il boucle son championnat à la septième place mondiale. Néanmoins, malgré ces résultats moyens, il attire l’attention de Livio Suppo, patron de l’écurie Ducati, qui voit en lui un talent exceptionnel. Et l’avenir lui donnera raison. Pour cette saison 2007, il est donc aligné dans l’écurie italienne au côté du vétéran Loris Capirossi. Et il décide de donner le ton d’entrée. Premier Grand Prix au Qatar … et première victoire. A Jerez, il terminera seulement cinquième loin derrière le phénomène Rossi.
On pense alors qu’il est encore trop “tendre” pour résister au génie de l’Italien. Les deux courses suivantes vont faire taire ses détracteurs. En effet, il s’impose avec brio en Turquie et en Chine. Les résultats suivants sont à hauteur de son talent. Troisième au Mans, quatrième en Italie, il enchaînera sur deux succès en Catalogne et en Grande-Bretagne. Deuxième à Assen derrière Rossi, cinquième en Allemagne, le meilleur reste à venir de la part de l’Aussie. Il réalise alors un fabuleux “triple triplé” remportant à la fois la pole position, le meilleur tour en course et la victoire aux États-Unis, en République Tchèque et à Saint-Marin. Casey Stoner n’a alors plus qu’à assurer sa fin de saison avec une troisième place au Portugal et une “modeste” sixième place au Japon. Cette saison quasi parfaite lui offre son premier titre mondial. Et à seulement 21 ans, l’Australien en remportera certainement d’autres.
Florent Sachot
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