le 15 octobre 2007

Albert DupontelActuellement à l’affiche dans “L’Ennemi Intime” de Florent Emilio Siri, film choc et intelligible sur la guerre d’Algérie, Albert Dupontel démontre une fois de plus que talent élastique ne rime pas forcément avec gravité plastique.

 

 

Albert Dupontel est peut être l’acteur le plus atypique que le cinéma français connaisse. Menant une carrière élastique loin des cases préconçues pour acteurs bankables, Albert ne cesse depuis le début des années 90 d’alterner avec brio (avec qui ?) des rôles dans des films grands publics, des ovnis cinématographiques, des films d’action ou d’époque.

 

Dupontel est le self-made man du cinéma français, un acteur né dirons certains. Même si il se forme à la comédie au Théatre National de Chaillot à la fin des années 80, c’est principalement la scène qui révélera progressivement au public cette boule d’énergie à l’humour si particulier. L’acteur gagne très vite un sérieux succès grâce à son propre one man show. Nous sommes en 1995, l’âge d’or de Canal+ avec son lot de comédiens prometteurs (Benoît Poelvoorde, Alain Chabat…), “Un héros très discret” : le second métrage de Jacques Audiard (”Sur mes lèvres”) sort en salles. Dupontel se retrouve nommé aux César dans la catégorie meilleur acteur.

 

Enfin, il est considéré par le petit monde du cinéma français. Ensuite, vous connaissez la chanson, tout s’emballe. D’abord avec l’ovni “Bernie“, la première réalisation de Dupontel qui détonne pas mal. La critique est positive, le bouche à l’oreille énorme et le public est conquis par la personnalité à la fois féroce et drôle d’Albert Dupontel. Il continue ensuite sa route dans la délirante comédie “Serial Lover” aux côté de Michelle Laroque. Néanmoins, pour sa seconde réalisation plus personnelle sur le(s) métier(s) du cinéma : “Le Créateur” (sorti en 1999), le succès ne sera pas au rendez-vous.

 

Avec le temps et la maturité s’affirme un Albert Dupontel plus intéressant et éclectique dans ses choix cinématographiques en n’ayant pas peur de délaisser progressivement l’apparente facilité du registre comique. À part part le décevant “Monique” en 2002, c’est plutôt dans des productions singulières que Dupontel étonne le plus tel “Fauteuils d’orchestre” (de Dianèle Thompson) où il démontre toute sa puissance teinté de mélancolie à incarner un célèbre pianiste dans un jeu de piste entre des destins croisés avenue Montaigne. Récemment, on a pu aussi l’apercevoir dans des gros films français pas toujours fins comme “Un long dimanche de fiançailles” de Jeunet puis “Jacquou Le Croquant“.

 

Un chose formidable avec Dupontel, c’est que même si il sait presque tout jouer, il ne perd jamais son sens de l’humour acide et speed à la fois qui l’a rendu célèbre du scène. Preuve irréfutable avec sa troisième réalisation “Enfermés dehors“, l’ovni français de l’année dernière : un petit bijou d’humour absurde avec un courage émouvant (même si redondant) pour dénoncer le statut des personnes sans domicile fixe. Avec ce beau succès, il s’affirme comme un des seuls acteur/réalisateur français à concilier le grave et l’humour avec un punch inventif qui rassemble petits et grands, cinéphiles comme spectateurs occasionnels.

 

2007 fut une grosse année pour Dupontel. À 40 ans passé, sa forme physique ne désemplit pas. En écrivain parisien, il rencontrait la pétillante Catherine Frot dans l’onirique “Odette Toulemonde“. Cette semaine dans “L’Ennemi Intime” (aux côté de Benoît Magimel), on le retrouve en soldat durant un moment de l’histoire qui a particulièrement marqué les esprits : la guerre d’Algérie. Mais c’est le 31 octobre qu’il va à coup sûr faire beaucoup parler de lui pour son rôle de lieutenant de police dans l’étrange “Chrysalis“, film policier d’anticipation qui a l’air visuellement très réussi. Puis en 2008, Dupontel fera parti du prestigieux casting (Binoche, Duris, Cluzet…) de “Paris“, prochaine réalisation de Cédric Klapisch. Tantôt d’une absurdité délirante, d’une acidité acerbe et noire ou alors faisant preuve d’un sérieux professionnel dans des productions plus terre à terre, Albert Dupontel ne chôme pas et c’est tant mieux car il n’a pas fini de nous surprendre…

 

M.Z.

Un commentaire pour “Albert Dupontel : Dément Dupontel”

  1. “le plus chiant à manger chez les oiseaux, c’est le bec!”

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|Publié par shotactu |dans la Catégorie: Non classé|
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