le 15 octobre 2007

jericho_ad_400.jpgEn Septembre 2006, les Etats-Unis se retrouvaient propulsés de nouveau au cœur de l’énorme vague de séries cultes. On croyait que nos amis outre-Atlantique avaient tout imaginé en matière télévisuelle, après des femmes au foyer désespérées, un agent anti-terroriste plus coriace que l’anti gel, une femme qui murmurait à l’oreille des fantômes, et des pelés perdus sur une île… Cette fois-ci nos créateurs torturés devant leur page blanche nous ont concocté une nouvelle perle, « Jéricho », dont l’intrigue centrale nous plonge au cœur d’une Amérique au lendemain d’une attaque nucléaire de masse.


James Cameron dans « Terminator » nous avait laissé imaginer ce qui se passerait après un holocauste atomique déclenché par des machines, les créateurs Stephen Chbonsky et Jon Turteltaub, quant à eux se proposent de développer pour CBS la contre attaque de « Lost », la série phare d’ABC, avec une vision post apocalyptique. Turteltaub est connu dans le milieu du grand écran comme étant réalisateur, entre autre, de l’aventureux « Benjamin Gates et le trésor des Templiers » ainsi que de l’hilarant « Rasta Rocket ». Ce coup-ci, il s’essaye au format petit écran avec comme résultat, un mélange assez détonnant, efficace, qui surprend parfois par son contenu assez inhabituel. Son ambition est simple et assez complexe à la fois : nous plonger dans la survie post nucléaire quotidienne et les vécus de plusieurs personnages dans une ville du Kansas.

L’intrigue de base est simple, un jeune homme mystérieux, Jake, débarque à Denver après une longue période d’absence de cinq années et revient dans sa ville natale, Jéricho, pour récupérer une partie de l’héritage de son grand-père décédé quelque temps auparavant. En revenant, notre Jake doit faire face aux fantômes de son passé et les raisons qui l’ont amenées à quitter sa vie d’avant mais également les raisons qui l’ont conduites à ne pas parler de ses activités à sa famille. Mystère ! Pour eux, Jake est officiellement pilote dans l’armée de l’air, jusque là l’histoire semble assez plate empruntée à celle de « Dawson ». Mais le catalyseur de la série, qui la propulse au cœur de plusieurs genres simultanés, fait de chaque épisode une vraie curiosité. Une explosion nucléaire est observée dans la direction de Denver, les moyens de communication ne répondent plus, les habitant de Jéricho commencent à paniquer et se retrouvent coupés du reste du monde, en totale autarcie. Ca y est on y est !

L’enjeu de chaque épisode rejoint celui de « Lost » sans le surnaturel. Comment survivre et comment réinventer sa survie en faisant face à la cruelle indifférence de la nature lorsqu’on est perdu au cœur du Midwest et où les relations humaines ont changé au point de se méfier de son prochain ? C’est donc dans un univers à la « Mad Max », teinté de catastrophe façon « Jour d’après », que les créateurs de la série se proposent de nous plonger. Les questions qui tiennent en haleine les spectateurs sont multiples, et chaque histoire de 50 minutes égraine ses indices et ses personnages clés, comme celui de Robert Hawkins, dernier arrivant à Jéricho avant l’explosion et qui semble en savoir beaucoup plus sur les événements que quiquonque. Il y a aussi des moment de joies, de tristesse, une ambiance famille un peu trop joyeuse parfois qui nous fait dire que nos amis d’Amérique du Nord ont un optimisme sans faille, ainsi que des séquences d’actions assez bien menées avec mitrailleuses, tactiques et blessés façon « Urgence » tout sanguinolent.

Au-delà de tous ces éléments, il est surtout très intéressant de nous plonger dans une série vraiment empreinte d’une atmosphère « post 11 Septembre », où « l’ennemi » reste toujours mystérieux, impalpable et insaisissable, peut-être son voisin de palier. La série « 24 heures Chrono » en exploitait pleinement le crédo du complot et de la conspiration dans la mesure où le danger était possible et potentiel, « Jéricho » amorce quant à elle le virage du terrorisme dans un coin reculé du pays où le pire s’est déjà produit. Les américains tentent d’exorciser leurs peurs et leurs démons et nous montrent de manière très habile que le mélange des genres dans une série d’anticipation n’est pas si mal fait.

Les acteurs de la série sont empruntés aux seconds rôles de beaucoup d’autres téléfilms et séries du petit écran. Ils parviennent grâce à un jeu crédible et efficace à maintenir la tension et le suspense, avec de beaux parcours à surveiller de près comme le talentueux Skeet Ulrich qui arrive à trouver la justesse sans tomber dans le sentimental mièvre et la jeune Ashley Scott, aperçue entre autres dans les films « A.I », « Bleu d’enfer » aux côtés de Paul Walker et Jessica Alba avec qui elle avait déjà joué dans la série « Dark Angel ».
Bien que les derniers épisodes de la première saison témoignent d’une légère fatigue sur le plan scénaristique, le final se révèle être à la fois fort et riche en action et en questionnements.

La chaîne CBS à bien faillit faire peur aux fans de la série en déclarant dans un premier temps que la série allait s’arrêter mais devant l’engouement provoqué et les pétitions nombreuses envoyées au siège de la chaîne, celle-ci a finit par céder et donner de nouveau son feu vert au tournage d’une deuxième saison. L’intrigue inépuisable et pourtant capable de fournir de bons sujets à d’autres épisodes et à la résolution de beaucoup de questions à travers d’autres épisodes va-t-elle évoluer ? Tiendra-t-elle toutes ses promesses ? Quels personnages sont appelés à jouer un rôle plus importants ?

La chaîne va rediffuser les 22 épisodes à partir du 6 Juillet prochain en espérant réunir de nouveau une forte audience pour prouver aux patrons de la chaîne que cette série a de beaux jours devant elle. A lire le message de la productrice exécutive Carol Barbee, la préparation des sept prochains épisodes promet une perspective forte et unique pour une rentrée télévisuelle bien chargée, mais l’attention tiendra-t-elle longtemps face à des séries très fortes comme celle que prépare la Fox ? « The Sarah Connor’s Chronicles », basée sur le personnage célèbre de « Terminator », Lena Headey, aperçus dans « 300 » de Zach Snyder, est d’ores et déjà choisie pour reprendre le flambeau de la talentueuse Linda Hamilton présente dans les deux premiers « Terminator ».
La planète série n’a pas fini de tourner et de passionner… !

N.B

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|Publié par shotactu |dans la Catégorie: Dossiers, TÉLÉ|
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