Le deuxième album des cinq français du groupe de métal progressif Anthropia est sorti dans les bacs le 16 février dernier et a depuis rencontré un franc succès auprès d'une clientèle metalleuse curieuse, ne palissant pas devant le « tabac » du dernier opus de Kalisia. Intitulé The Chain Reaction, le CD contient onze compos fraîchement écrites par la plume d'Hugo Lefebvre, chanteur et leader du groupe. Intéressons-nous donc aux divers atouts qui rendent cette opus réussi et qui l'ont propulsé en haut des charts « metal français ».
Pour les incultes en la matière qui n'auraient jusqu'alors jamais entendu parler du groupe français, il est peut être temps de mettre à jour ses connaissances musicales ; Anthropia est un groupe de metal progressif, originaire de Nice, dont le premier album, sorti il y a maintenant 3 ans, avait défrayé la chronique en s'imposant comme un très bel ouvrage. Le groupe a entre temps rencontré moultes difficultés avec sa maison de disque, pour finalement créer son propre label et ainsi autoproduire son dernier album. Bref, assez perdu de temps, rentrons dès à présent dans le vif du sujet. The Chain Reaction s'ouvre sur un prologue digne des plus grands groupes de metal. En effet, « Incarnation », au rythme plutôt lent, laisse planer un doute angoissant, quant à la suite des hostilités. Savant mélange de percussions et d'instruments à cordes, le morceau pourrait même éventuellement faire penser à une musique de péplum. Mais si certains pourraient croire, à l'écoute de ce premier titre, qu'ils ont affaire à un de ces groupes de metal lyrique, dont nous ne nous permettrons pas de dénigrer les talents, leurs craintes (ou joie d'ailleurs) seront très vite estompées par « A New Self », dont les riffs de Lefebvre et Mouhad, rapides et variés, font grésiller les enceintes de toute chaîne hi-fi bon marché. C'est désormais certain, on a bel et bien affaire à un grand groupe de metal progressif.
En effet, tous les ingrédients sont réunis : chansons structurées et de longue durée, complexité des instrumentations, grande variété de mélodies au sein d'une seule et même chanson ou encore rythmes et mesures inhabituels sont de la partie. Le tout servi par une bande de musiciens virtuoses, dont le talent n'est désormais plus à démontrer. Les pistes s'enchaînent ainsi au grand bonheur de l'auditeur, passant d'un rock progressif comme « The Torn Off Wing of the Butterfly » à une ballade posée, tel « Those Days Are Always Rainy ». Des solos à rendre fous les plus grands guitaristes, deux voix en parfaite harmonie, une batterie qui se fait respecter... Rien n'est à jeter ! L'œuvre se clôt sur une magistral épilogue, chanté en français et en anglais, et dont les paroles pourraient aller se faire rhabiller un Renan Luce ou un Raphael.
VERDICT :
Difficile de faire mieux que The Chain Reaction en matière de performance musicale. On aime, on n'aime pas, là n'est pas la question. Le talent vocal et musical du groupe rend le tout harmonieux, même si l'auditeur, amateur, mais peu connaisseur, n'appréciera pas forcément à la première écoute. On se le passe une première fois, puis une seconde, puis une troisième... Et au bout d'une énième écoute, on arrive enfin à discerner toutes les subtilités qui font de cet opus un véritable chef d'œuvre. Il n'y a alors plus qu'à applaudir et accorder à Anthropia un 5 étoiles très mérité. Chapeau !